Vendredi soir, veille de pont du 11 novembre à Annecy. Il pleut, on allume le chauffage et quelques bougies et, sans crier gare, il me dit « viens, on part demain à Madrid, ça te dit ? ».
Depuis le temps que je rêvais de la capitale espagnole, de la Gran Via aux immeubles Art Déco, de la mythique Plaza Mayor et de la bouillonnante Puerta del Sol, j’ai bouclé la valise en un temps record, en répétant dans ma tête mes rudiments d’espagnol.

Comme à notre habitude, c’est depuis la salle d’embarquement de l’aéroport de Genève qu’on a réservé notre hébergement. Lui, qui connaissait déjà bien la ville, m’a fixé comme objectif de rechercher un hôtel aux abords de la Grand Via et de la Puerta del Sol, le véritable cœur battant de Madrid. Mission accomplie pour moins de 100€ la nuit au Petit Palace Plaza Espana****, situé Calle San Bernardo, une rue perpendiculaire à la Gran Via, à deux pas du métro Santo Domingo. Une localisation parfaite, un tarif abordable et une grande et lumineuse chambre double au cinquième étage, avec douche à hydrojets, donnant sur le jardin intérieur de l’hôtel : on ne pouvait pas mieux tomber !

hotel petit palace plaza a madrid

A peine sortis de l’avion, ce qui m’a tout de suite séduit à Madrid, c’est les madrilènes ! Ils sont chaleureux et accueillants, ils ne rechignent pas à aider le touriste égaré dans le métro et surtout, surtout, ils parlent un espagnol intelligible même pour ceux qui, comme moi, maîtrisent en tout et pour tout une grosse dizaine de phrases dans la langue de Cervantes. Autant, en Andalousie l’anglais m’a sauvé, autant à Madrid, j’ai eu la satisfaction de placer quelques unes de mes phrases type et mieux, à communiquer avec les autochtones et ça, ça change beaucoup !
Puisqu’on parle du métro, un conseil : n’hésitez pas une minute à le prendre. Il est propre, moderne, climatisé, le réseau est vaste et le billet touristique 5 jours en illimité, métro et bus, coûte aux alentours de 25€, avec possibilité de l’acheter directement à l’aéroport. De quoi vous réconcilier avec les transports en commun !

Entre Champs-Elysées et Broadway : la Gran Via

la gran via a madrid, le broadway espagnol

Arrivée sur la Gran Via, les Champs Elysée espagnols. La circulation est dense et bruyante, les trottoirs pleins de monde mais tout se fait le nez en l’air. De part et d’autre de la bien nommée grande voie, sur un peu moins de 1,5 kilomètres, c’est une succession d’immeubles remarquables de la première moitié du XXe siècle, où se mêlent les styles néo-classique, Art déco, haussmannien et néo-mudéjar. De la Plaza d’Espana sur laquelle veille la statue de Cervantes, à l’ombre de l’Edificio Espana (un ensemble des années 50, de style néo-classique, comprenant un hôtel et de nombreux bureaux de 117 mètres de haut, longtemps resté parmi les plus hautes constructions européennes), à la Plaza de Cibeles, c’est une succession de bijoux architecturaux.

Les plus emblématiques sont l’Edificio Telefonica (le premier gratte-ciel de Madrid, d’inspiration nord-américaine, devenu un véritable personnage de série de Netflix dans Las Chicas del Cable), l’Edificio la Estrella et sa magnifique façade en céramique, l’Edificio Carrion ou Capitol et le Metropolis, une œuvre des architectes français les frères Février, reconnaissable entre mille avec son dôme en ardoise surmonté d’une victoire ailée.

la gran via et le metropolis a madrid

la gran via a madrid

Enfin, au fil de la ballade, on aura vite fait de faire le rapprochement entre la Gran Via et Broadway et pour cause : on n’a pas eu le vice de compter le nombre de théâtres que compte l’avenue mais la nuit venue, leurs devantures illuminées vous font voyager à elles seules. Faute d’aller voir une pièce ou un film, on s’est contenté de prendre un verre, accompagné de quelques tapas, dans un des innombrables bars de la Gran Via en écoutant son cœur battre la fin du jour au rythme des passants.

De places en places : de la Puerta del Sol à la Plaza Mayor

Les petits déjeuners dans les hôtels à l’étranger : très peu pour nous. D’une part parce qu’on est d’indéfectibles lèves-tard et d’autre part parce qu’on préfère les petits déjeuner locaux aux petits déjeuner « continentaux ». Pour le premier repas de la journée (et le plus important parce que ce n’est pas tout, mais il faut tenir jusqu’à 15 heures, direction la Gran Via, où on trouve décidément de tout, même en matière de petit déjeuner. Qu’on soit plus churros con chocolate (Lui), pan con tomate y jamon (moi) ou Strabucks (nous deux après une overdose de churros et de jamon) on a que l’embarras du choix et le plaisir de se mêler aux madrilènes.

Les estomacs pleins, il n’y a plus qu’à filer sur une autre « place to be » de Madrid : la Puerta del Sol. Lieu de rendez-vous par excellence, c’est l’actuel centre névralgique de la ville mais pas que : au sol, une plaque indique le point kilométrique zéro des routes espagnoles, ce qui en fait le centre symbolique de tout le pays.
On serait tenté de croire que son nom de « porte du soleil » lui vient de sa forme en elliptique où débouchent pas moins de dix rues, mais non. Située jusqu’au milieu du XVIe siècle à l’extérieur de la ville, il semblerait que son nom trouve son origine dans le soleil sculpté sur le fronton de la porte d’accès à la ville qui s’y trouvait alors. Peu importe, ce qui compte au fond c’est que l’animation qui règne sur cette place jour et nuit, rayonne sur tout le quartier et qu’elle soit, aujourd’hui comme hier, un des principaux points de rassemblement des madrilènes lors de grands événements.

la puerta del sol a madrid

C’est notamment ici que tous les 31 décembre, la foule se presse pour s’adonner à une coutume étonnante, sous l’œil bienveillant de la statue de l’ours et de l’arbousier (un autre emblème de la ville) : avaler un grain de raisin à chacun des 12 coups de minuit, pour appeler la chance pour les 12 mois à venir. On était un peu en avance pour y prendre part, mais qui sait… on est pas à l’abri d’un nouvel an à Madrid après celui passé à Varsovie.

Si le quartier appelle de toutes parts au shopping, on a résisté à la tentation et on a préféré se perdre dans les ruelles bouillonnantes qui bordent la place au Sud, certains qu’elles nous conduiraient à un moment ou à un autre sur la Plaza Mayor. Au fil de la balade, on est tombés sur quelques lieux de perdition pour des gourmets comme nous, tels que la Poulperia de Victoria, Calle Victoria, et sa carte affolante où le poulpe se décline sous toutes ses formes, le Sobrino de Botin, l’un des 5 plus vieux restaurants du monde, ouvert sans interruption depuis 1725, qui vaut aujourd’hui plus pour l’anecdote que pour la cuisine mais qui reste tout de même très couru (réservation obligatoire), mais surtout le Mercado de San Miguel : incontournable !

le marché san miguel a madrid


Quelques conseils pour une halte réussie au Mercado de San Miguel :

  1. Avoir faim, très faim, pour avoir une chance de goûter à tout parce que concrètement, le Mercado San Miguel c’est un marché traditionnel tout de fer et de verre qui accueille pas moins de 33 stands sur lesquels vous pouvez non seulement acheter mais aussi déguster, accoudés au comptoir, le meilleur des spécialités espagnoles : tapas, jamon, paella, arroz, pescados fritos… rien ne manque !
  2. Prévoir pas mal de liquide, parce que les tapas, plats, boissons et douceurs, plus tentants les uns que les autres, ne sont pas donnés (mais pas de panique, tout est prévu, il y a des distributeurs aux quatre coins du Mercado).
  3. S’armer de beaucoup de patience en heure de pointe (c’est-à-dire à peu près tout le temps) tant pour accéder aux stands que pour trouver un bout de comptoir où appuyer un demi coude le temps d’avaler sa « racion ». J’admire les familles nombreuses ou avec poussette qui s’y aventurent… personnellement, je crois que je n’aurais pas la patience.
  4. Ne pas hésiter à y revenir, encore et encore, et tout particulièrement les jours où les envies divergent dans le couple : question choix, on est encore mieux qu’au resto !

Parce que toutes les bonnes choses ont une fin, on a fini par s’extraire, non sans mal, du Mercado San Miguel et, comme prévu, notre balade digestive dans les ruelles du vieux Madrid nous a fait déboucher sur la Plaza Mayor. Certes, elle impressionne par ses dimensions (129 mètres sur 94) mais c’est le fait qu’elle soit ceinturée de bâtiments d’habitation, faisant tous 3 étages, et totalisant 237 balcons, qui la rend si unique. Au rez-de-chaussée, sous les arcades, les boutiques traditionnelles côtoient des bars et des restaurants dont les terrasses inondent la place. La nuit venue, les lampadaires s’allument dans un joyeux brouhaha fait de conversations animées, d’éclats de rires et de musique ou de chants d’artistes de rue. Seule la statue de Philippe III sur son cheval, plantée au milieu de la place, demeure silencieuse. L’endroit est enivrant, exaltant… vivant et bon enfant.

la plaza mayor a madrid

Outre l’ambiance, on y va aussi pour prendre à emporter un « bocadillo de calamares » ou sandwich aux anneaux de calamar frits (le plat fast-food madrilène par excellence, un peu étouffe belle-mère dixit Lui) à La Campana à environ 3€, qu’on mangera en admirant les façades de la place et en particulier celles de la Casa de la Panaderia (maison la plus ancienne de l’ensemble où figurent les 12 signes du zodiaque et les 12 mois de l’année) et de la Casa Estrecha (seulement 5 mètres de large).
Après cette visite, cruel dilemme : prendre la direction plein Est vers le Théâtre Calderon (un édifice remarquable de 1917), le quartier du Prado et le parc du Retiro ou revenir sur nos pas et terminer notre tour du centre historique dans le quartier de l’Opéra. La seconde option l’a emporté : on n’allait quand même pas quitter le cœur de Madrid sans jeter un œil au Palacio Real !

le théatre calderon a madrid

la palais royal a madrid

palacio real a madrid

On rejoint le Palais Royal (dans lequel le roi ne réside plus depuis longtemps) par la Calle Mayor. Il forme un ensemble avec la Cathédrale de la Almudena à laquelle il fait face, mais qu’on n’a malheureusement pas pu visiter et pour cause : sans le savoir, on est tombés en plein milieu des fêtes de la Almudena, la Sainte patronne de Madrid, qui se traduisent par des processions dans la ville, des messes combles, des manifestations folkloriques sur le parvis de la cathédrale et des tableaux de fleurs. On n’en dira donc pas plus sur cette cathédrale si ce n’est que sa façade est de style néo-classique et qu’elle est la seule cathédrale d’Espagne à avoir été consacrée par un pape… et devinez qui ? Jean-Paul II !

Lui : « Quand je le dis qu’il y a toujours un polonais quelque part ! »

la cathedrale de la almudena a madrid

la place du palais royal a madrid

cathedrale almudena a madrid

Restait à visiter le palais. Je l’avoue : de dehors, j’étais un peu réticente. La façade est austère mais son style néo-classique, la blancheur du granit dont est bâti le palais et la parfaite forme géométrique de l’ensemble invite à la visite… moyennant 11 euros, audio guide compris. L’intérieur du palais contraste avec l’extérieur et c’est tant mieux ! On y retrouve du mobilier et une décoration de style baroque et une riche collection de peintures des grands peintres espagnols, Goya et Velazques en tête. On retiendra surtout de la visite l’étonnante salle des Porcelaines, la Chapelle et ses colonnes de marbre noir et les superbes lustres en cristal taillé (pour certains français) qui ornent la plupart des pièces ouvertes au public (soit une cinquantaine sur les 2 800 que compte le palais, ce qui en fait le second plus grand palais d’Europe après le Louvre).

Un heure trente de visite plus tard, place aux jardins et au Campo del Moro qui bordent le palais : idéal pour un bain de soleil, pour mesurer encore un peu plus la majesté du lieu et prendre quelques clichés. Il faut bien le reconnaitre : l’état de conservation et la richesse des intérieurs sont remarquables et on comprend pourquoi le Palacio Real est resté le lieu privilégié, par l’actuel roi Felipe VI, pour recevoir ses hôtes étrangers les plus prestigieux.

jardins du palais royal a madrid

la cathedrale almudena a madrid

Faute d’avoir visité le palais un mercredi, on a manqué une de ses principales attractions : la relève de la garde. Tous les premier mercredi du mois à 12 heures tapantes a lieu la relève solennelle, de pas moins de 400 gardes à pieds et 100 chevaux. Les autres mercredi, d’octobre à juin, de 11 heures à 14 heures, vous pourrez assister à la relève ordinaire des gardes à pieds toutes les 30 minutes et toutes les heures celle des cavaliers. Le spectacle, hérité de la fin du XIXe siècle, est parait-il haut en couleurs.

On jette un dernier coup d’œil par-dessus notre épaule au Palacio depuis la Plaza de Oriente (à laquelle il doit son surnom de palais d’Orient alors qu’il se trouve dans la partie Ouest de la ville), avant de rejoindre, droit devant nous l’opéra ou Teatro Real, un des établissements les plus prestigieux d’Europe qui abrite les ateliers de confection de costumes et de perruques de spectacles (5€ la visite guidée d’une heure).

centre ancien de madrid

mercado san miguel a madrid

Les alentours de l’opéra grouillent de petits bars où prendre un verre et de restaurants surfant sur le caractère historique du quartier avec serveurs en costumes d’époque (reste à savoir laquelle) et rôtissoire où s’entassent les cochons de lait qui grillent patiemment. Il y a du bon et du moins bon, mais ce qui est sûr c’est qu’on ne manque pas de choix ! A la nuit tombée, on se laisse séduire par l’ambiance feutrée d’un bar à cocktails, La Galeria, Calle Costanilla de los Angeles, sur le chemin du retour vers l’hôtel : un bon cosmopolitan sur fond de jazz… le sommeil attendra !

Dimanche matin dans le quartier de la Latina

On avait peut-être loupé la relève de la garde du mercredi mais on allait pas louper l’évènement madrilène n°1 du dimanche matin : le grand marché aux puces du Rastro. En sortant du métro à la station Tirso de Molina, on est un peu perdus au milieu de la foule de madrilènes et de touristes qui se pressent de toutes parts. On se laisse porter par le flot et en une minute, on est immergé dans l’effervescence du marché, le plus grand et le plus populaire de la ville. On y trouve absolument de tout : ça va des stands de brocanteurs aux vendeurs de bijoux fantaisie made in China, en passant par les étals d’éventails (pour certains 100% espagnols), de vêtements bon marché ou de gourmandises locales et les boutiques d’authentiques antiquaires. On avance au ralenti, au son des ris, des cris et des déclamations des démonstrateurs. C’est un joyeux bazar coloré qu’il ne faut absolument pas manquer.

le marché du rastro a la latina a madrid

On ne va pas se raconter d’histoire : on n’est pas de grands fans des marchés, encore moins des puces. Quoi qu’on fasse, on ne trouve jamais la motivation de s’approcher de près des stands et on n’achète jamais rien… sauf cette fois-ci. A notre grand étonnement, on a franchi le pas d’une boutique galerie spécialisée dans les tirages de photo, Calle Cayeton, et on n’a pas réussi à en ressortir les mains vides. Si on n’était pas venus en avion, on aurait fait une razzia mais on a su rester raisonnables et on s’est contentés de ramener dans nos valises un seul tirage photo encadré, moyennant une vingtaine d’euros.
Après presque deux heures à sillonner les allées du marché, il nous restait une chose à faire pour nous fondre dans le paysage : jeter notre dévolu sur une bodega et nous accouder au comptoir pour prendre un verre et grignoter quelques tapas, comme tout bon madrilène. Immersion réussie, Calle de la Cava Baja, et si notre accent ne nous avait pas trahi, on se serait parfaitement fondus dans le paysage !

Cap à l’Est : le quartier du Prado et le parc du Retiro

La météo était trop belle pour ne pas passer l’après midi au grand air. Si Madrid regorge de parcs et de jardins et de promenades ombragées (c’est la capitale européenne la plus arborée et la seconde ville du monde, après Tokyo, en nombre d’arbres plantés), le must est incontestablement le parc del Buen Retiro.

le parc du retiro a madrid

Véritable poumon vert de la ville, ce parc datant du XVIIe siècle de 118 hectares est un incontournable de la ville. Le dimanche après midi, c’est le lieu de promenade favori des madrilènes et des touristes qui, comme nous, se régalent d’une grosse bouffée d’air frais en plein cœur de la ville. Outre pour la balade et le calme qui y règne, le parc vaut surtout le détour pour son Palais de Cristal, directement inspiré du Cristal Palace de Londres, un superbe exemple du mariage entre fer et verre typique de la fin du XIXe siècle qui accueille régulièrement expositions et manifestations culturelles (entrée gratuite), et son vaste étang dominé par un impressionnant monument à la gloire d’Alfonso XII.

le palais de cristal dans le parc du retiro a madrid

palais de cristal et retiro a madrid

le lac du parc retiro a madrid

On aurait pu louer une barque ou un pédalo pour buller un peu plus longtemps sur l’étang mais la crainte de tomber dans une eau qu’on devinait fraîche pour un mois de novembre nous a incité à prendre la direction de la Plaza de Cibeles, avant d’entamer la descente du mythique Paseo del Prado.

Arrivés sur la Plaza de Cibeles, on ne sait pas où regarder en premier. D’un côté l’Edificio Banco de Espana et sa façade au style architectural inclassable de la fin du XIXe siècle. De l’autre, le Palais des Télécommunications, actuel Hôtel de Ville, rebaptisé par les Espagnols « Notre Dame des Communications » à cause de sa silhouette si semblable à celle d’une église. Et au centre, la fontaine de Cibeles, la déesse de la fécondité, sur son char tiré par deux lions.

plaza de cibeles a madrid

La place de Cibeles n’est pas connue juste pour être le point de rassemblement des supporters du Real de Madrid. C’est aussi le point de départ du Paseo del Prado, une longue promenade ombragée ponctuée de placettes et de monuments, avec de part et d’autre, les musées les plus prestigieux de la ville, dont le mondialement célèbre Musée du Prado.
Comptant parmi les plus grands et les plus importants musées du monde, le Prado est le passage obligé de tout amateur d’art pictural à Madrid. Une grosse demie journée n’est pas de trop pour faire le tour de son impressionnante collection de peintures espagnoles (dont les célèbrissimes Tres de Mayo de Goya ou Las Meninas de Vélasquez), italiennes (avec des œuvres de Raphaël, Véronèse, Botticelli ou du Caravage) mais aussi allemandes, françaises et hollandaises (Poussin, Dürer, Rubens ou Van Dyck). Le temps nous a manqué, mais ce n’est que partie remise.
Les modestes amateurs que nous sommes ont fait l’impasse sur les deux autres musées d’art majeurs que compte le Paseo del Prado, à savoir le Musée Thyssen-Bornemisza (une des plus grandes collections privées du monde de peinture classique et moderne, avec plus de 1000 œuvres) et le Musée de la Reina Sofia (peinture contemporaines) dont la pièce maîtresse est le mondialement connu Guernica de Picasso. Ce qui est sûr c’est qu’avec cette impressionnante concentration de chefs d’œuvres, le quartier de Las Huertas, le quartier des arts, n’a pas usurpé son nom.

plaza de cibeles et gran via a madrid

musée du prado a madrid

la fontaine de neptune a madrid

Au fil de la ballade sur le Paseo, on traverse la Plaza de Canovas del Castillo avec en son centre la fontaine de Neptune, que petit Poséidon (voir notre article de Florence) n’a pas manqué d’immortaliser. On dépasse le jardin botanique et on allait arriver à la gare d’Atocha quand, regardant l’heure, on s’est dit qu’il était grand temps de songer à se trouver une bonne table pour le dîner. On s’arrête à une terrasse, chacun sort son téléphone et va de sa suggestion.
Je dois le reconnaître, il a eu une véritable idée de génie.

Lui « Tu crois qu’il y a un restaurant polonais à Madrid ? »

Je n’y aurais pas pensé… Pour la franco-polonaise que je suis, les occasions de manger polonais sont comme les restaurants polonais : trop rares. En France, on les compte sur les doigts d’une main et, croyez-moi, je les connais tous, alors c’est vrai que quand on est dans de grandes métropoles, il nous arrive d’en chercher et mieux, d’en trouver parfois. Et c’est ce qu’il a fait ce soir là à Madrid. Le cœur battant, j’appelle pour réserver. Arf… la dame répond en espagnol… ça va être simple, tiens ! J’enchaîne en anglais, la dame me répond à côté. Alors, avant de Lui passer le téléphone pour qu’il gère la réservation en espagnol, j’abats ma dernière carte : en polonais. Et là, miracle ! Si on avait un doute sur le resto, on en a plus : c’est du polonais, du vrai ! Je réserve pour 22 heures et là, la petite dame me dit, en polonais du coup : « ok, mais ne venez pas plus tard parce qu’on est pleins ». Branle-bas de combat, alerte générale, tout y passe. Il nous faut accélérer : maintenant que j’ai l’eau à la bouche à l’idée de dîner polonais, il ne s’agit pas d’arriver en retard ! Heureusement, le restaurant La Polonesa, situé Calle Narciso Serra n’est pas trop loin. La visite d’Atocha attendra !

la porte alcala a madrid

On presse le pas, Google Maps nous fait tourner en rond, le temps passe, on se croirait presque dans une finale de Pekin Express. Juste avant 22 heures, on arrive devant la vitrine, moyennement engageante, du bar/restaurant/épicerie. A peine entrés, tous les parfums de mon enfance sont au rendez-vous. On passe devant le comptoir, devant le coin épicerie, et, au fond, on arrive dans la salle du restaurant… complètement vide ! On ne saura jamais si la patronne nous a dit de nous dépêcher parce qu’elle attendait des clients qui lui ont fait faux bond ou si c’est parce qu’elle voulait fermer plus tôt.

Quoiqu’il en soit, on a passé une soirée géniale à rire aux larmes d’être les seuls clients dans cette grande salle vide et à goûter plus de plats que de raison. A environ 5 euros les entrées et 10 euros le plat principal (une choucroute polonaise servie dans une miche de pain, comme en Pologne), on a encore une fois eu les yeux plus gros que le ventre mais on a adoré la soirée passée dans cette salle vide à la décoration « comme chez ma grand-mère », qu’on a terminée accoudés au comptoir à trinquer à la vodka avec la patronne, une polonaise installée à Madrid depuis plus de 20 ans.
En sortant de là, la ballade digestive au clair de lune s’imposait et ça tombe bien : on avait encore la gare d’Atocha et sa serre tropicale à voir avant de rentrer à l’hôtel.

la gare atocha a madrid

La gare centrale d’Atocha, dans sa partie ancienne, est remarquable par son architecture de la fin du XIXe siècle qui marie brique, fer et verre. Elle a fait l’objet de plusieurs extensions depuis sa création mais seul le bâtiment historique présente un véritable intérêt, d’autant qu’il abrite une curiosité qui mérite d’être vue : une jardin tropical de 4000 m² avec pas moins de 7000 palmiers et plantes exotiques et un bassin avec des tortues de Floride qu’on a renoncé à compter. En plein mois de novembre, quand le soir le fond de l’air est frais, la jardin est une vraie bulle de chaleur où il est agréable de s’arrêter un moment.

Enfin, impossible de se rendre à Atocha sans avoir une pensée pour les victimes de l’attentat qui y a été commis le 11 mars 2004, dans lequel ont péri 191 personnes. Devant l’entrée principale de la gare, un mémorial cylindrique est dédié aux victimes, sur lequel figurent leurs noms et des reproductions des textes qui avaient été spontanément déposés sur place par des madrilènes, des espagnols et nombre d’étrangers en réaction aux attentats. Un lieu de mémoire très émouvant.

De la Plaza de Espana au quartier de Moncloa

la place d'espagne et cervantes a madrid

Le premier jour à Madrid, on avait arpenté en long et en large la Gran Via et, inévitablement, on avait atterri Plaza de Espana, à son extrémité Ouest. On avait rapidement photographié son emblématique Edificio de Espana et approché le mémorial de Cervantes qui occupe le centre de la place, mais il nous restait encore beaucoup à découvrir.

Lui, son truc où qu’on aille, c’est de monter sur le point le plus haut de la ville, pour la contempler de haut : soit ! Faute de pouvoir monter tout en haut de la Tour de Madrid (142 m), toute proche de l’Edificio de Espana, objectif du jour : monter sur le Faro de Moncloa, à 92 mètres d’altitude. Qu’on se rassure, la montée se fait en ascenseur et on accède sans effort à ce belvédère fait de baies vitrées rondes, avec une vue imprenable à 360 degrés sur la capitale espagnole. Un conseil tout de même : les vitres étant de propreté toute relative (et oui, si tout le monde met ses mains dessus…), la visite ne vaut le coup que par temps clair.
De là-haut, on remarque en un coup d’œil une particularité urbanistique du quartier de Moncloa : son plan en damier, qui témoigne de son caractère récent (XIXe siècle). A nos pieds, un Arc de Triomphe célèbre la victoire de Franco en 1939, et un peu plus loin, on distingue le Palacio Real, plus loin encore le quartier d’affaires et ses gratte ciels. Curieux mélange.

arc de triomphe a madrid

tour de moncloa a madrid

le quartier de moncloa a madrid

Pour ceux qui aiment les mélanges des genres, on recommande la visite du Temple de Debod, à quelques pas de la Plaza de Espana, jardin de la Rosaleda. Cet authentique temple égyptien a voyagé depuis la Nubie jusqu’à Madrid, cadeau du gouvernement égyptien à l’Espagne en remerciement pour sa participation dans la construction du barrage d’Assouan. C’est atypique et dépaysant et la visite est gratuite : autant de raisons d’y aller.
Depuis le temple de Debod, pour rejoindre le Musée de l’Amérique qu’on avait décidé de faire, 2 options : prendre la Calle de la Princesa ou traverser le Parque del Oeste. On a choisi de passer par le parc (de 100 hectares tout de même), autrefois champ de bataille durant la guerre civile, jetant un œil au passage à la fontaine monumentale (il n’en fallait pas moins).

le temple de debod a madrid

le temple de debod a madrid

Pourquoi avoir choisi de visiter le Musée des Amériques ? Parce que qu’il traite de l’art et de la culture américaine pré et post coloniale et qu’il recèle une incroyable collection d’œuvres d’art et de vestiges archéologiques allant de l’époque précolombienne à nos jours. On avait adoré le musée du Quai Branly à Paris et on était curieux d’en apprendre plus sur les civilisations amérindiennes et sur la conquête de l’Amérique par les fameux conquistadors Espagnols. Autant vous dire qu’on a été servis !
La visite des 3 niveaux du musée qui se développement autour d’un patio central, s’organise autour de thématiques telles que la découverte du nouveau monde, la réalité de l’Amérique avant l’irruption des européens, la langue, l’organisation de la société ou encore la religion. L’exposition ne fait pas de « cadeau » au bilan humain de la colonisation et ne passe sous silence aucun épisode de la conquête du nouveau continent. Ce musée restera gravé dans ma mémoire comme étant un lieu qui a marqué l’histoire de notre famille de Los Pineros. C’est là que je suis tombée amoureuse, non pas de Lui (ça c’était déjà fait), mais d’un prénom, celui que porte aujourd’hui notre petit garçon. Vous le saviez, vous, que le célèbre conquistador espagnol Cortes avait pour prénom Hernan ? Moi non.

le musee des ameriques a madrid

En sortant du musée, on s’éloigne du quartier étudiant de Moncloa pour atterrir dans le très résidentiel et recherché quartier de Chamberi. On a mis un moment à comprendre qu’il devait son nom à la capitale savoyarde et ça a piqué notre curiosité. La recherche de l’explication de cet étrange jumelage méritait bien un pause Google sur la Plaza Alonso Martinez. Ce n’est pas une mais trois explications qu’on a trouvé à cette appellation. La première serait que ce serait le lieu où le régiment de Chambéry, conduit par Napoléon, se serait établi pendant le soulèvement du Dos de Mayo. La seconde serait que le quartier aurait été baptisé ainsi par l’épouse du roi Filipe V, savoyarde de naissance, parce qu’il lui rappelait la Cité de Chambéry. Enfin la troisième rattache le nom du quartier au couvent de la Visitation qui y a été fondé par l’épouse de Ferdinand VI, occupé à l’origine par des sœurs salésiennes de Chambéry. On n’aura pas le fin mot de l’histoire mais ce qui est certain c’est qu’on a apprécié flâner dans ce quartier, véritable QG de l’aristocratie du XIXe et XXe siècle, qui regorge de charmants petits hôtels particuliers et de commerces de proximité et où, à peu de choses près, nous étions les seuls touristes. Immersion dans la vie des madrilènes garantie !

Du quartier des affaires à la Plaza Colon : le district de Chamartin

cuatro torres a madrid

Il ne nous aura fallu que quelques minutes en métro pour faire un véritable bond dans le temps et nous rappeler que Madrid est la capitale économique de l’Espagne. A peine sortis de la station Begona, les Cuatro Torres nous enjoignent de lever les yeux au ciel : il y a la Torre Espacio, en forme d’œil et ses 223 m de verre, la Torre Sacyr Vallehermoso, palace ***** de 236 m, la Torre Cristal et son jardin suspendu à 249 m et enfin la Torre Caja, qui culmine dans le ciel de la ville à 250 m. Des chiffres à vous donner le tournis et une architecture qui a tout pour plaire aux amateurs de gratte ciels comme nous. Ceci étant dit, j’ai beau être fan de Norman Foster, ma petite préférée reste la PwC (l’autre nom de la Sacyr Vallehermoso) de Carlos Rubio. Et toi ?

« Je reste fidèle à Foster pour l’audace ! »

On descend le Paseo de la Castellana, direction la place de l’Europe, à la rencontre de 2 autres grandes madrilènes : les tours Kio. Leur particularité ? Elles sont les 2 premières tours volontairement penchées (désolée pour nos amis italiens et leur tour de Pise mais le « volontairement » leur est tout particulièrement destiné) au monde. Avec 15 petits degrés d’inclinaison, le résultat visuel sur leur 113 m de haut est impressionnant.

les tours kio de madrid

les tours cuatro torres de madrid

Descendant toujours, on tombe l’arène moderne la plus célèbre de Madrid : le Stade Santiago Barnabeu. Si le Real de Madrid n’est pas le seul club à faire vibrer la capitale madrilène, il n’en demeure pas moins le plus titré et le plus prestigieux, en plus d’être historiquement le club des « riches ». Dans sa grande bonté, Lui m’aura épargné la visite de l’antre de la bête… une belle bête tout de même !

La descente du Paseo de la Castellana n’en finit plus mais nous mène dans le quartier le plus huppé de Madrid : le très chic et bourgeois Salamanca. Lieu de résidence privilégié des très riches madrilènes, c’est aussi un terrain de chasse idéal pour les accros au shopping armés de leur carte Gold ou mieux : Platinium ! Toutes les plus grandes maisons de joaillerie, de prêt à porter et de haute couture y sont représentées mais c’est pas franchement notre tasse de thé. Le temps de parcourir encore quelques rues de ce quartier doré organisé suivant un plan en damier, on rejoint l’autre arène de la ville, la vraie, l’unique, la mère de toutes les arènes, autrement dit Las Ventas.

Las Ventas ou la Plaza de Toros, c’est tout simplement la troisième plus grande arène au monde, la première en terme de quantité et de qualité des corridas, et la plus grande et la plus prestigieuse des arènes d’Espagne. Inaugurées en 1931, les arènes de Madrid ont un rudeo (piste centrale) de 60 m de diamètre et une capacité de plus de 23 000 places. Une dernière mise au point : il n’est pas nécessaire d’être un aficionado de corridas pour venir les admirer. Les arènes valent aussi pour leurs qualités architecturales de style néo-mudéjar, leur remarquable façade faite de briques et d’Azulejos (carreaux de faïence) aux couleurs des différentes provinces espagnoles et pour les statues qui les entourent. Puisqu’on parle des statues, aux côtés desquelles on est nombreux à prendre la pose, il faut préciser que parmi les toreros célèbres, un intrus s’est caché. Pour l’anecdote, l’une des statues représente Alexander Fleming, l’inventeur de la pénicilline. Non, Fleming n’était pas torero et l’histoire ne dit pas s’il était fan de corridas. Il doit sa place à la gratitude des toreros pour son invention avant laquelle la corrida représentait un double risque mortel : celui du coup de corne et celui de l’infection généralisée causée par le coup de corne.

les arènes de las ventas a madrid

La journée touche à sa fin et notre séjour à Madrid aussi. Dernier dîner dans la capitale espagnole et puisqu’il est de coutume pour les espagnols de dire que toute la cuisine qui se fait à Madrid est madrilène, on se laisse tenter par une paella au Restaurante Murciano El Caldero, Calle Huertas. Ce n’est pas tout à fait au niveau de la paella mangée les pieds dans le sable sur la plage de Valencia, mais le rapport qualité prix est bon (environ 11€/personne) et on n’a que l’embarras du choix.

Un dernier verre à Chueca

Il faut croire qu’on avait envie de faire traîner ce dernier soir à Madrid, parce qu’à l’heure où il eut été de bon ton de rejoindre notre hôtel douillet, on a choisi de se perdre dans le très branché quartier de Chueca.
Longtemps laissé à l’abandon, Chueca est ressuscité de ses cendres dans les années 90, sous l’impulsion de la communauté homosexuelle, en plein mouvement de la Movida. Aujourd’hui, Chueca a deux visages : le jour, un tranquille quartier populaire, et à la nuit tombée, le quartier hype à la pointe de l’avant-garde où on se presse pour prendre un verre ou goûter à une cuisine jeune, inventive et cosmopolite au son des meilleurs DJ électro de la capitale. Ici, il n’y a pas d’heure pour s’engouffrer dans une galerie d’art clandestinement ouverte dans un sous-sol, pour chiner dans une boutique vintage ou pour essayer les créations de jeunes designers de prêt à porter.
Un dernier verre en terrasse, avec vue sur la place Dos de Mayo, centre névralgique du quartier, et un constat : si toutes les ruelles de ce Soho madrilène ne sont pas des plus engageantes, le quartier est aussi vivant et sûr que le reste de la ville.

Ultima visita antes de partir : la Basilique de San Francisco El Grande

la basilique de san francisco el grande a madrid

Vous vous rappelez quand au début de mon récit, je vous ai parlé de mon coup de cœur pour les madrilènes, leur gentillesse et leur espagnol parfait ? Et bien avec cette dernière visite, celle de la Basilique de San Francisco El Grande, cette première impression de voyage s’est plus que confirmée.
Il nous restait quelques heures avant notre décollage. On a bien essayé une seconde fois d’entrer dans la cathédrale de la Almudena, mais on ne figurait toujours pas sur la liste des invités aux festivités dédiées à la patronne de Madrid.

Qu’à cela ne tienne, à quelques mètres de là, un autre édifice religieux remarquable nous a ouvert ses portes en grand et on a pris part à son exceptionnelle visite guidée : la Basilique San Francisco El Grande. Construite, selon la légende, en lieu et place d’une chapelle édifiée par St François d’Assise, la basilique baroque impressionne par sa façade principale néo-classique mais surtout par son dôme, le troisième plus grand de la chrétienté (33 mètres de diamètre, soit 8 de moins que celui de la basilique St Pierre de Rome). On serait sans doute passé à côté de cette subtilité comme de beaucoup d’autres, sans l’intervention du guide officiel de la basilique, absolument génial. Pourquoi génial ? Parce qu’il a su faire vivre cet édifice pour le groupe d’une trentaine de touristes que nous étions, de plus d’une dizaine de nationalités différentes, dont finalement peu d’hispanophones. Mélangeant un espagnol parfait, sans le moindre accent, avec des rudiments d’italien et de français, et quelques phrases dans un anglais chantant, il nous a tous emportés. Ma moitié a bien tenté de me traduire les mots du guide mais au bout de quelques minutes, il était tellement captivé qu’il a lâché l’affaire. J’aurais aimé pouvoir dire au monsieur qu’il avait accompli un exploit, mais je n’avais pas de petite phrase toute faite apprise par cœur pour la circonstance dans mon vocabulaire. Peu importe, même sans traducteur, j’ai tout compris, y compris le fait que Goya s’était représenté lui-même sous les traits d’un badaud sur la peinture qui orne la première des 6 chapelles de la basilique en partant de la gauche.

Cette expérience figure dans mon top 3 des meilleures visites guidées jamais faites, alors je ne saurais pas dire s’il y a plusieurs guides officiels et si oui, si tous sont aussi captivants, mais si lors de votre passage vous entendez un grand monsieur à lunettes et cheveux poivre et sel légèrement ondulés sur les tempes, suivez mon conseil : courrez et écoutez le parler de St François, de Goya et de la merveilleuse ville chargée d’histoire qu’est Madrid.

cathedrale la almudena et palais royal a madrid

A PROPOS DE L’AUTEUR : ELLE


Je dis souvent que je me sens comme une polonaise en France et une française en Pologne. C’est sans doute ça et Lui qui font que j’aime autant changer d’air.
La petite trentaine, je suis la compagne de voyage ennuyeuse : je ne suis pas une grande sportive, en particulier quand il s’agit de crapahuter en milieu naturel loin de toute trace de civilisation, j’aime faire des musées mais à condition de prendre le temps de lire le moindre petit écriteau explicatif, je me régale de petites anecdotes historiques et je n’ai ni sens de l’orientation, ni de l’humour.

Enfin, il y a un célèbre proverbe polonais qui dit en anglais « A hungry Pole is an angry Pole ». C’est pas Lui qui le contredira !