Quand à la faveur d’un pont, le 14 juillet rime avec weekend prolongé, la perspective d’une virée s’impose. Restait à trouver une destination qui fasse consensus. Chacun y est allé de sa proposition et c’est la mienne qui l’a remporté.
Il ne faut pas se mentir, sans le concours d’une météo idyllique, je n’aurais jamais réussi à lui mettre l’eau à la bouche avec mon escapade sur le thème des châteaux de la Loire, Lui le passionné de photos à la capacité de concentration en visite de monuments toute relative. C’est donc grâce à la météo, à la perspective de coupler visites de châteaux et dégustations de vins locaux et à la commémoration de la révolution française (presque un comble) que par un beau vendredi de la mi-juillet Los Pineros ont pris la direction du Val de Loire.

La région ne nous était pourtant pas méconnue, ni à l’un ni à l’autre : Lui l’a découverte à l’occasion du mariage de son frère avec une blésoise (ou tout simplement une habitante de Blois), il y a une quinzaine d’années, et moi, j’y ai vécu mes premières années en France, il y a plus de 20 ans de ça. Pour l’anecdote, c’est entre autres là que j’ai appris à parler français, parait-il sans accent.
Redécouvrir cette région ensemble, laisser s’exprimer mon côté Stéphane Bern et son talent de chasseur d’images et la perspective de rentrer avec de quoi remplir notre cave à vins (à défaut de remplir le frigo de fromages locaux qui n’auraient pas supporté le voyage) : il y avait de quoi contenter tout le monde, sous le soleil de juillet.

Comme à notre habitude, une fois les sacs chargés dans la voiture, je me suis mise en quête d’un pied à terre douillet pour les 3 nuits à venir. On aurait adoré (enfin surtout moi) réserver dans une maison d’hôtes troglodyte sur les bords de Loire mais en s’y prenant à la dernière minute, c’était mission impossible. On s’est donc rabattus sur le GRAND HOTEL*** à Tours, séduits par son style Art Déco années 30, la présence d’un parking et un tarif abordable (env. 80€ la nuit). Une fois n’est pas coutume, on a testé le petit déjeuner buffet et on a eu le nez creux : le jus d’orange frais pressé a suffi à faire notre bonheur.Armés seulement d’un Guide Vert hors d’âge, on n’avait pas franchement planifié nos visites, si ce n’est que je voulais visiter Cheverny, faire un tour à Richelieu (la faute à un reportage passé à la télé peu avant notre départ, qui s’est avéré ne pas être l’idée du siècle) et faire une dégustation à la cave des producteurs vignerons de Montlouis-sur-Loire, devant laquelle j’étais si souvent passée enfant.

Cheverny a donc été tout naturellement la première adresse rentrée dans le GPS.


Sur les traces de Tintin : le château de Cheverny

chateau de cheverny dans le val de loire

La silhouette du CHÂTEAU DE CHEVERNY est connue de tous ceux qui ont un jour ouvert un album de Tintin, puisqu’Hergé s’en est directement inspiré pour le château de Moulinsart. Une dépendance de Cheverny accueille d’ailleurs une expo interactive permanente sur l’univers de Tintin qu’enfants et tintinophiles apprécieront.

moulinsart a cheverny dans le val de loire

Si le château brille en premier lieu par sa façade classique d’un blanc immaculé, l’intérieur vaut tout autant le détour : c’est l’un des châteaux les mieux meublés du Val de Loire. Les puristes diront qu’il ne faut pas être regardant sur le mélange d’époques quant il s’agit du mobilier présenté, mais on n’est pas de ceux-là, et même si l’esprit qu’a dû y insuffler Diane de Poitiers n’y est plus, et on a vraiment apprécié la visite et plus particulièrement : la salle à manger avec son plafond à la française et ses boiseries illustrant les exploits d’un certain Don Quichotte, l’escalier d’honneur et les bois préhistoriques accrochés à la hauteur réelle de leur propriétaire, à savoir un lointain ancêtre de l’élan, et enfin la chambre du Roi (dans laquelle absolument aucun roi n’a jamais séjourné : logique !).

Victime de son succès (il est l’un des châteaux les plus visités de la vallée de la Loire), la visite se fait en piétinant et pour peu qu’on veuille lire tous les panneaux explicatifs (comme moi), il faut s’armer de patience et finir par se résigner à sauter quelques planches (pour la plus grande satisfaction de mon binôme à la patience toute relative, mais ça vous le savez déjà).
Après tous ces trépignements, la visite du jardin du domaine s’apprécie d’autant plus. Au menu : bosquets ombragés, parterres de fleurs, labyrinthe, fontaines, plan d’eau et jardin potager. A noter qu’il existe un service payant de visite des jardins en voiturette de golf, ingénieux pour ceux qui éprouvent des difficultés à se déplacer et les familles avec de jeunes enfants.

cheverny dans le val de loire

Sans être de fervents opposants à la chasse à courre, nous avons esquivé l’attraction n°1 du domaine, trop courue à notre goût, à savoir la soupe des chiens. Pour assister à la bataille rangée d’une centaine de chiens de chasse à l’heure du repas, rendez-vous aux grilles du chenil à 15h en basse saison et 17h d’avril à septembre. Attention : c’est un véritable évènement et la foule est nombreuse à se masser devant les grilles plusieurs minutes avant l’heure, appareil photo à la main.
La chaleur aidant, la soif s’est faite sentir, mais nous avons résisté à la tentation de prendre un verre à la cafétéria de l’orangerie du château. On a été bien inspirés de rejoindre la terrasse ombragée du GRAND CHANCELIER pour prendre d’abord un soft, suivi, le calme des lieux aidant, un verre de Cheverny accompagné d’une assiette de fromages offerte par le patron, pas avare de bonne adresses par ailleurs.

L’heure tournant, on n’a malheureusement pas pu visiter les domaines viticoles qu’il a eu la gentillesse de nous recommander, et nous nous sommes contentés de traverser la rue pour rejoindre la MAISON DES VINS DE CHEVERNY où nous avons fait la découverte de l’AOC Cour Cheverny. Ce vin blanc tendre issu du cépage de Romorantin, qui nous était jusqu’à lors méconnu, nous a séduit par sa fraîcheur et ses notes délicieusement fruitées, et a été à notre retour le faire valoir idéal de nos foies gras et coquilles Saint-Jacques de la fin d’année. A partir de 9€ la bouteille : une super découverte qu’on recommande… avec modération bien sûr !

le chateau de cheverny dans le val de loire

Ce n’est qu’au soleil couchant qu’on a repris la route, direction Tours. Un dîner sur le pouce et au lit ! C’est pas tout ça mais le lendemain nous attendait un gros morceau de visite : le château royal d’Amboise et son Clos Lucé.

De François Ier à Léonard de Vinci : une journée à Amboise

Lorsqu’on entre dans Amboise par le pont sur la Loire, le décor est planté : le château royal, dressé sur un promontoire rocheux, vous domine et vous barre majestueusement la vue. En ce jour de marché de producteurs, rejoindre l’un des parkings du château n’a pas été aisé et d’entrée de jeu, une question à laquelle nous n’avions pas réfléchi s’est posée à nous : par quoi commencer ?

amboise et la loire

Et oui, parce qu’Amboise, c’est 2 découvertes en une (allez, 3 avec la vieille ville) : d’un côté, il y a le CHATEAU ROYAL, à jamais lié à la personne de François Ier, bien qu’il ait accueilli nombre de ses prédécesseurs et de ses successeurs illustres, et de l’autre le château du CLOS LUCE, dernière demeure de Léonard de Vinci.
Parce qu’on avait des fourmis dans les jambes, on est allé au plus proche et on est parti à la chasse aux salamandres dans les couloirs du château royal.

Le château royal d’Amboise

le chateau d'amboise dans le vale de loire

S’il a gardé quelques attributs de la forteresse médiévale dominant le fleuve paresseux, le château d’Amboise c’est avant tout la première construction Renaissance de la vallée de la Loire. C’est le roi Charles VIII qui a apporté au château moyenâgeux ses premières modifications majeures, dans un style gothique flamboyant, en faisant ainsi un véritable palais royal. Mal lui en a pris, c’est en s’y cognant la tête sur un linteau de pierre, qu’il y est mort.
Son successeur, Louis XII, a quant à lui fait entrer le château de plein pied dans le style renaissance qui a fait sa renommée. Malheureusement pour lui, dans la mémoire collective, son œuvre sera éclipsée par son petit cousin François Ier qui y sera le plus étroitement associé, bien qu’il n’y ait finalement que peu séjourné à l’âge adulte, lui préférant bien vite les châteaux de Blois et de Chambord.
Une fois les grilles d’entrée franchies, ce qui nous a irrésistiblement attiré de prime abord c’est la vue panoramique sur la Loire qu’offrent les terrasses du château. Les chasseurs d’images (tels que Lui) en auront pour leur argent (11,70 € le ticket d’entrée) et leurs accompagnateurs (tels que moi) en profiteront pour parfaire leur bronzage, les yeux plongés dans les profondeurs de l’eau.

le chateau d'amboise et le val de loire

La visite officielle commence par le logis royal mais n’écoutant que notre curiosité, nous avons débuté par la petite chapelle St Hubert où nous avons eu la surprise de trouver le tombeau de Léonard de Vinci. On s’attendait, en toute logique, à croiser sa route au Clos Lucé mais on ignorait qu’il avait obtenu de François Ier le privilège d’être enterré dans l’enceinte du château. Mais Léonard ne se distingue pas que par ce privilège. Ce qui interpelle, c’est la simplicité de sa dernière demeure qui s’explique entre autres par le fait qu’il n’y a été transféré qu’en 1871, après que l’église St Florentin dans laquelle il a été initialement inhumé ait été détruite. On est très loin des tombeaux majestueux de Michel-Ange ou de Machiavel de la Basilique Santa Croce à Florence !


renaissance et chateau d'amboise dans le val de loire

Revenons en au logis royal… Ceux qui ne jurent que par l’opulence des décors de Versailles seront sans doute déçus de ne pas y trouver boiseries dorées, plafonds peints, tapis et tapisseries à foison.
Non, Amboise n’a pas été pillé ! L’explication se trouve dans le fait que le roi et sa cour étaient, à la Renaissance, nomades… et leur mobilier l’était logiquement lui aussi. Mais somme toute, n’apprécie-t-on pas mieux la majesté de la salle du conseil et de ses voûtes gothiques vide ?

La visite se poursuit dans les appartements Orléans, où peintures du XVIIIe côtoient le mobilier style Louis-Philippe (à qui on doit la décoration des lieux) et Premier Empire. Vous voyez bien que le château n’a pas été pillé !
Enfin, on accède à la construction qui m’a le plus interpellé : la tour des Minimes, qui domine de ses 40 m le lit de la Loire, et sa rampe cavalière peu commune qui permettait aux cavaliers et aux attelages de rejoindre la cour du château depuis la ville en contrebas. Je dois avouer que c’était la première fois que je m’aventurais dans quelque chose de semblable et c’est sans nul doute ce que je retiendrai de la visite du château royal d’Amboise… ça et le panorama qu’offrent les terrasses, tours et galeries sur la Loire.

On ne peut pas quitter la demeure de François Ier sans songer à faire honneur à ce bon vivant en faisant ripaille. C’est un peu par hasard et à la faveur d’une table en terrasse tout juste libérée, qu’on a atterri au BISTROT CHEZ BRUNO : une table sympathique et sans prétention, où les mots terroir, générosité et cuisine de saison ne sont pas de vains mots et où le fait maison est roi, le tout à un tarif très raisonnable. On s’est régalé pour moins de 20 €/personne, boisons incluses : on recommande !

amboise dans le val de loire

Après une petite promenade digestive dans les ruelles piétonnes qui jouxtent le château, il n’y avait plus qu’à…
Plus qu’à quoi ?
Nous inviter chez Léonard !

Le Clos Lucé : l’autre château d’Amboise

De la même manière que le château royal d’Amboise est lié à François Ier, le Clos Lucé l’est à Léonard de Vinci, qui y a passé les 3 dernières années de sa vie. Ce que l’on sait moins, c’est qu’avant lui, ce château du XVe siècle a été pendant plus de 200 ans la résidence d’été des rois de France, et ce grâce à Charles VIII (décidément, le pauvre, il s’est fait éclipser sur tous les tableaux !).

le clos lucé a amboise dans le val de loire

Le savez-vous ? Les rois de France et Léonard de Vinci ne sont pas les seules « célébrités » que le château ait accueilli… Quand en 1516, le génie italien accepte enfin l’invitation de François Ier à s’installer en France, c’est déjà un vieil homme de 64 ans. Qu’importe ! Bon pied, bon œil, il traverse les Alpes à dos de mulet avec 2 serviteurs et 3 de ses tableaux préférés. Il en achèvera 2 d’entre eux au Clos Lucé : La Vierge à l’Enfant avec Ste Anne et le Jean-Baptiste. Le 3e sera décrit par un visiteur de Léonard comme suit : « le tableau d’une dame de Florence peinte au naturel ». Il aurait pu ajouter que son sourire énigmatique envoûterait des générations d’admirateurs et que sa présence déplacerait des foules pendant plus de 500 ans et on aurait tous deviné que c’est de la Joconde qu’il s’agissait.

La visite nous amène droit au but : la galerie médiévale en briques roses nous conduit directement à la chambre de Léonard de Vinci. C’est là qu’il vécut et qu’il mourut, après 3 ans à contempler de sa fenêtre le château royal de son ami François Ier.

Puisqu’on y est, parlons-en de son ami… La pièce abrite un tableau célèbre d’Ingres : la mort de Léonard de Vinci. On y voit le vieil homme pousser son dernier soupir dans les bras du bon roi, éploré ou presque. L’image est belle… mais on flirte avec l’exercice de communication politique ! Pourquoi ? Parce que le 2 mai 1519, quand Léonard expire, François Ier et sa cour (et tout son mobilier) sont en réalité au château de Saint-Germain-en-Laye !
Mais la pièce la plus intéressante du château, c’est selon nous au sous-sol qu’on le trouve avec la salle des maquettes de Léonard. La quarantaine de maquettes présentées ont toutes été réalisées d’après les dessins originaux de l’ingénieur visionnaire et on s’est amusé à reconnaitre les ébauches de char d’assaut, de parachute, de voiture ou encore d’hélicoptère. En bonus, les maquettes côtoient des animations 3D qui expliquent leur fonctionnement.
On pourrait croire qu’en quittant le sous-sol du Clos Lucé, la visite touche à sa fin… et bien non. Il en reste au moins autant à voir dans le parc Leonardo da Vinci attenant. Ce parc absolument unique et extrêmement agréable à la belle saison a pour but de suggérer le rapport de Léonard à la nature et de présenter ses principales inventions, créations, dessins ou peintures. Comme coupé du monde, on s’est promené pendant plus d’une heure au milieu d’arbres centenaires, en empruntant de charmants petits ponts et des allées ombragées, en quête de la vingtaine de maquettes géantes que le visiteur est invité à actionner.
Attention, sachez qu’une règle implicite existe : elle consiste à laisser les enfants (les vrais, les petits, pas les grands enfants aussi enthousiastes soient-il, au grand désarroi de ma tendre moitié) y accéder en priorité.
Petite info pratique : le parc accueille un restaurant de spécialités renaissance, l’AUBERGE DU PRIEURE (réservation conseillée), une crêperie et un snack, qu’on n’a pas testé, et une aire de pique-nique qu’on aurait testé volontiers si on l’avait su.

On pensait être totalement éblouis par le château royal et c’est en fin de compte le modeste Clos Lucé et son incroyable parc qui nous en ont mis plein la vue. Ceci étant dit, les deux se complètent parfaitement et cette petite journée à Amboise où on a pu prendre notre temps, flâner et se détendre restera comme des meilleurs moments de notre mini road trip dans le Val de Loire.
On recommande à 100% !

Escale gourmande à Montlouis sur Loire

Sur le chemin du retour, entre Amboise et Tours, il y avait un des incontournables de ma liste imposée de visites du weekend : la CAVE DES PRODUCTEURS VIGNERONS DE MONTLOUIS SUR LOIRE. Il se trouve que le GPS nous faisait passer juste devant : l’univers tout entier nous invitait à nous y arrêter !

les caves de montlouis dans le val de loire

Alors oui, la cave troglodyte accueille le sempiternel coin dégustation où de bonnes âmes se feront un plaisir de vous faire déguster les vins de l’AOC Montlouis sur Loire (AOC de 1938), issus d’un cépage unique : le chenin blanc (aussi appelé Pineau de Loire).
Oui, vous ne saurez plus où donner de la tête et du palais entre les vins effervescents tel le Montlouis Jardin des Rois qui nous a fait chavirer avec ses fines bulles au fruité délicieusement frais (7,90 € la bouteille) et les blancs tranquilles qu’ils soient secs, tendres ou moelleux. On a pas pu résisté à la cuvée Accord des Anges (un blanc sec au nez légèrement vanillé, moins de 9€ la bouteille), absolument parfait sur un tartare de saumon aux agrumes (croyez-nous sur parole ou mieux : testez vous-mêmes !), et son petit frère plus tendre : Accord Confidentiel.
Mais surtout, et c’est là que la visite vaut le détour, visiter la cave de Montlouis c’est s’enfoncer dans des galeries de tuffeau où s’épanouissent plus d’un million de bouteilles. Sur le parcours du visiteur muni de son audio-guide (visite, guide et dégustation gratuits : un vrai plus !), petit cours de rattrapage sur la fabrication du vin, le cépage local et les vins de Montlouis. La cave est ouverte tous les jours et les groupes sont les bienvenus. La boutique de la cave propose, outre les vins, des produits locaux auxquels il est impossible de résister (pensée émue pour la rillette de brochet qui hante encore mes papilles…). En un mot comme en mille : allez-y ! Avec modération, bien sûr, et en gardant à l’esprit qu’en négociant bien avec la personne qui mènera votre dégustation, vous pouvez comme nous, repartir avec vos verres à dégustation… On dit ça, on dit rien !
Il eut été logique qu’après Montlouis, sur la route de Tours, on s’arrête à minima à la CAVE DES PRODUCTEURS DE VOUVRAY voisine… Quand on vous dit que l’univers tout entier s’était entendu pour mettre de bons vins sur notre chemin ! Malheureusement, les horaires d’ouverture en ont décidé autrement et l’occasion de s’y arrêter ne s’est pas représentée…
C’est moi ou je tiens là un motif tout à fait valable pour justifier d’une nouvelle virée sur les bords de Loire ?

Une soirée à Tours

Le soir venu, retour à Tours pour une visite de la vieille ville à la tombée du jour. Après presque 2 jours dans cette capitale royale du XVe siècle, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2000, il était grand temps de nous rendre sur la plus célèbre place de la ville : la place Plumereau (place Plume pour les intimes) et ses fameuses façades médiévales en pierre ou à colombages. En 2010, le Lonely Planet l’a classé 1ère dans le top 10 des meilleures places françaises pour prendre l’apéro. Restait à nous assurer que cette distinction n’était pas usurpée, et devinez quoi : on confirme que le lieu, l’ambiance et le joyeux mélange de genres et de générations qui y règne mérite d’y faire une halte !

la place plumereau a tours dans le val de loire tours et le val de loire

En attendant l’heure du dîner, on a flâné, appareil photo à la main, dans les ruelles du vieux Tours, quartier qui se développe aux alentours de la place Plume. Ce qui est remarquable, c’est l’homogénéité des constructions et leur excellent état de conservation. La ballade est d’autant plus agréable que la majorité des ruelles sont 100 % piétonnes.

Notre promenade nous a menée jusqu’à une incroyable dame de pierre tutoyant le ciel : la cathédrale Saint Gatien. Première découverte : Gatien est un prénom, c’était d’ailleurs le prénom du premier évêque de Tours, en l’honneur duquel la cathédrale a été baptisée. Deuxième découverte : cette cathédrale est tout simplement magnifique.

la cathédrale de tours dans le val de loire

Il a fallu au total presque 400 ans pour en achever la construction, démarrée au milieu du XIIe siècle. Ceci explique que l’harmonieux mélange de styles de l’édifice allant du gothique rayonnant au style renaissance. En quelques chiffre, Saint Gatien c’est : 100 m de longueur, 28 m de largeur, 29 m de hauteur sous les voutes (soit 8,5 m de moins qu’à la cathédrale de Chartres) et 68 m de hauteur pour ses 2 tours renaissance. On aurait bien voulu compter le nombre de gargouilles et de vitraux mais c’était mission impossible : il y en a de trop.

Les fins connaisseurs de l’architecture et de l’art religieux diront qu’elle n’est pas une des cathédrales gothiques majeures mais les profanes que nous sommes ont eu le souffle coupé par l’élégance de ses voutes et la finesse de ses vitraux. En un mot comme en mille : la cathédrale Saint Gatien vaut le détour, d’autant plus que la visite est gratuite !

cathédrale st gatien a tours

Un petit tour (non, je n’ai pas fait de jeu de mots) rafraîchissant sur les quais de Loire plus tard, il était grand temps de rejoindre notre hôtel, avant l’étape du lendemain, placée sous le signe d’un autre grand homme qui a marqué l’histoire de France : Armand Jean du Plessis de Richelieu, cardinal de son état.

la gare de tours dans le val de loire

Richelieu : l’homme et la ville

Comme je le disais plus haut, j’avais imposé la visite de Richelieu dans le programme du weekend, après que ma curiosité ait été piquée par un reportage passé à la télé quelques jours auparavant. Sans mon insistance, ma moitié n’aurait pas eu l’idée de faire 60 km de nationale pour rejoindre la cité du Cardinal et dans un sens je le comprends !
Sur le papier, la visite ne manquait pas d’intérêt. Richelieu, c’est un exemple unique en France d’urbanisme du XVIIe siècle, tout droit sorti de l’imagination du Cardinal. Cette ville nouvelle créée de toutes pièces par Richelieu dans la 1e moitié du XVIIe, se caractérise par un plan en damier, parfaitement régulier et symétrique et présente la particularité d’être traversée du Nord au Sud par la Grand Rue, dont chaque côté est bordé par 14 hôtels particuliers, tous bâtis sur le même plan.

richelieu dans le val de loire

28 hôtels particuliers identiques ?! Mais pourquoi donc ?
Tout simplement parce que le Cardinal, qui voulait peupler au plus vite sa cité idéale (ou prétendument telle), a eu l’idée visionnaire d’exempter ses habitants d’impôt (et oui, Richelieu c’était un paradis fiscal avant l’heure) et de céder des parcelles constructibles gratuitement… à condition (c’est là que ça se gâte) que leurs acquéreurs construisent dans les 2 ans un pavillon ou un hôtel particulier suivant des plans imposés et en faisant appel à un des 2 entrepreneurs qu’il avait expressément choisi. L’histoire ne dit pas si lesdits entrepreneurs lui versaient en retour une rétro-commission mais le fait est que les nobles du royaume (par cupidité ou souci de se faire bien voir par le puissant homme d’Eglise) se sont précipités à Richelieu. C’était oublier que « bien mal acquis ne profite jamais » (ni ici, ni ailleurs) et à la mort du Cardinal, la bulle immobilière éclate avec pertes et fracas et 28 propriétaires de la Grand Rue en font les frais : leurs hôtels qui valaient initialement 10 000 livres, n’en valent plus que 2 000 !
Bon, ce récit de catastrophe aurait dû nous mettre la puce à l’oreille… mais non ! Et après 1h de route, nous franchissons l’une des 4 portes d’entrée de la ville et nous nous engageons dans la fameuse Grand Rue.
Pour l’anecdote, ce n’est pas vraiment par 4 mais plutôt par 3 portes qu’on accède à la ville. Symétrie oblige, une 4e porte a été réalisée mais elle est factice. Logique !

Pour ce qui est de la Grand Rue… comment dire… elle est au moins aussi intéressante à la télé qu’en vrai. Certes, la symétrie et l’alignement sont curieux à voir, mais il est difficile d’embrasser d’un seul regard les 14 façades d’un côté et de l’autre de la rue et la perception en est tout de suite bien moins impressionnante. Voulant nous refaire, on a parcouru la « décevante » Grand Rue pour rejoindre, en son extrémité Sud, la place du Marché sur laquelle nous attendaient 2 des principaux monuments de la ville : la halle (joliment restaurée, il faut le reconnaitre) et l’église Notre Dame.
Malheureusement, rien dans la visite ne nous a véritablement transporté et sans la sympathique ballade que nous avons faite dans le vaste parc de l’ancien domaine du Cardinal (le château ayant été détruit), nous aurions fait le tour de la ville en 1h top chrono.


Alors on ne va pas se mentir : j’ai été déçue et désolée de nous avoir fait faire 1h de route pour moins de 2h de visite. Je m’attendais déjà à moultes remarques salées de mon cher et tendre Lui mais il a été gentleman et aidé par les gentilles dames de l’office du tourisme de Richelieu (situé sur ladite place du Marché), il a improvisé un plan B : ce sera donc Chinon et Azey-le-Rideau, avec en option une soirée à Saumur.
Je n’en espérais pas tant !

Vins ou château ? Choix cornélien à Chinon

Vous l’aurez compris, c’est sans aucune préparation qu’on a débarqué à Chinon. La matinée passant, il a fallu se rendre à l’évidence : nous n’aurons pas le temps d’accrocher à notre palmarès la visite de la forteresse royale (constituée de pas moins de 3 châteaux) et celle d’une ou deux caves avant l’heure du déjeuner, sans prendre le risque de bâcler nos visites de l’après-midi. On a étudié les brochures touristiques et on a fait un choix. François Ier ne nous avait pas déçu jusqu’à lors et on était plus incertains quant à notre curiosité pour l’histoire d’Aliénor d’Aquitaine et celle de Jeanne d’Arc qui ont marqué de leur empreinte Chinon. Soit !
Un sandwich plus tard (quand je vous dit qu’on était pressés par le temps !), nous avons jeté notre dévolu sur la CAVE DE MONPLAISIR, encore une fois séduits par sa nature troglodyte. Et encore une fois, nous n’avons pas été déçus, ni par le lieu, ni par les vins des 3 producteurs qui y sont présentés.

Située dans une ancienne carrière souterraine de tuffeau de plus de 2500 m², la cave est destinée au stockage et au vieillissement de plus 700 barriques et de plusieurs milliers de bouteilles des plus grands vins de l’AOC de Chinon. Ce trésor est parfaitement mis en valeur par un jeu de lumières et plusieurs salles présentent de quasi antiquités liées à la fabrication du vin. La visite s’achève sur l’incontournable dégustation et nous qui sommes plus rouges que blancs avons été comblés. On aurait sacrément pu craquer et remplir le coffre de la voiture de bouteilles, mais on a su rester raisonnables et on s’est contenté de quelques bouteilles de la cuvée Allets du Domaine de Raifault, vendangée à la main (un cabernet léger et facile à boire, aux parfums de fruits rouges et aux tanins légers, top pour accompagner aussi bien une volaille qu’une pièce de bœuf grillée) et quelques Clos de la Collarderie du Domaine de l’Abbaye (encore et toujours un cabernet, rond et puissant à la fois, avec des notes de fruits confits, qui a fait notre bonheur à l’occasion de nos traditionnels apéros vins/plateaux de fromages en couple ou entre amis). Avec un prix moyen de 10-12€ la bouteille, la Cave de Monplaisir abrite de quoi se faire de nombreux petits plaisirs, sans plomber son budget : on recommande !

azay le rideau dans le val de loire

Le château d’Azey-le-Rideau ou la chance d’assister aux travaux de rénovation

La formule n’est pas de nous mais des employés de l’office du tourisme de Richelieu qui nous ont vendu les billets d’entrée, un bon plan qui nous a permis d’éviter la monstrueuse file d’attente à la billetterie.

le chateau d'azay le rideau dans la loire

Voir la moitié du château recouverte d’échafaudages ne nous est pas franchement apparu comme étant une chance (enfin surtout à Lui qui a dû se décarcasser pour trouver des angles de prise de photos sans échafaudages) mais c’est vrai qu’on pourra dire à nos petits enfants qu’on a assisté à la rénovation de la façade ! Ou pas…
Il faut reconnaître que les travaux n’ont pas vraiment impacté notre visite et c’est appréciable. Il eut été dommage de revivre l’épisode de la visite du Duomo à Florence !

Ce qui fait l’originalité d’Azey-le-Rideau, c’est qu’il a été bâti sur une petite île de l’Indre, en lieu et place d’une forteresses médiévale, par un noble qui s’est illustré aux côtés de Louis XII. Son successeur, François Ier, a moyennement goûté l’opulence affichée par son propriétaire, Gilles Bertelot, et a diligenté une enquête. Il a eu le nez creux parce que ni une ni deux, ledit sieur Berthelot s’est révélé coupable de malversations, comme de nombreux autres financiers de sa connaissance. Craignant pour sa vie, il a abandonné femme et château à la plus grande satisfaction du roi. L’histoire ne dit pas si le roi s’est contenté du seul château mais tout porte à croire qu’elle était méconnue de Nicolas Fouquet qui, une centaine d’années plus tard, a vécu la même mésaventure.
Celui que Balzac a décrit comme étant un « diamant taillé en facettes serti par l’Indre » est un joyau emblématique du style Première Renaissance dans le Val de Loire. Le château, offert par François Ier à son capitaine des gardes du corps du roi, Antoine de Raffin, dans la 1e moitié du XVIe siècle, a conservé sa forme originelle en L (le projet visant à le refermer en quadrilatère ayant été abandonné) et se caractérise par la présence de délicates tourelles aux toits élancés à chaque angle. On a pris plaisir, une fois la monumentale porte d’entrée décorée d’une salamandre franchie, à disséquer la partie visible de la façade et à relever les différents ornements de style italien qui la décorent.

A l’intérieur, il y a foule ! Outre le mobilier, les tapisseries renaissance et les cheminées monumentales ornées de salamandres, on retiendra la présence d’éléments décoratifs finement sculptés (colonnes, plafonds à caissons) et de charmants vitraux d’époque aux fenêtres du salon principal du château. Plusieurs salles accueillent des tables explicatives qui font appel au toucher : les plus petits apprécieront !

Mais à la belle saison, c’est encore le parc qui remporte la majorité des suffrages. La ballade est agréable et les 2 miroirs d’eau qui bordent le château en lieu et place des anciennes douves et dans lesquels se reflète la façade appellent à de belles photos… avec ou sans échafaudages !

La journée n’étant pas finie, nous avons pris le chemin des écoliers pour rejoindre Saumur, célèbre dans notre esprit principalement pour son Cadre noir et ses vins et en chemin, nous sommes tombés sur une petite pépite : le CHATEAU D’USSE, aussi appelé château de la Belle au Bois Dormant. Malheureusement, nous avons dû nous contenter de contempler sa silhouette gracieuse depuis les bords de l’Indre, la billetterie ayant fermé juste sous nos yeux. A notre grand regret, on ne pourra pas en dire beaucoup plus mais l’ayant visité enfant, j’ai le souvenir d’un vrai château de princesses avec des mises en scène directement tirées du célèbre conte et des jardins féeriques (qui ont d’ailleurs beaucoup plus marqué mon souvenir de petite fille que les jardins de Villandry, à tort ou à raison). On le saura pour la prochaine fois : en haute saison, la dernière entrée se fait à 18h tapantes !

le chateau d'ussé dans le val de loire

Une soirée à Saumur

Quand on arrive à Saumur aux alentours de 19h, il faut malheureusement se résigner à faire l’impasse sur deux choses : la visite de l’intérieur de la forteresse royale, classée au patrimoine mondial de l’humanité, et la dégustation de vins de l’AOC Saumur. On le saura !

la loire et saumur

Reste que nous avons pu approcher de l’imposant château, accéder à sa grande cour où un concert en plein air était en train de se préparer et profiter d’un beau panorama sur les toits de la ville et au-delà, la Loire. La ballade dans les ruelles de la vieille ville permet de découvrir en flânant de belles maisons à pans de bois, des hôtels particuliers aux façades de tuffeau immaculé et de remarquables restaurations de bâtiments historiques, tels l’Hôtel de Ville ou la maison des Compagnons du Devoir.

les toits de saumur dans le val de loirele chateau de saumur dans le val de loire

Au terme de la promenade, nous avons débouché sur la place St Pierre, à l’ombre du clocher tors de l’église du même nom et y avons trouvé une bonne table, en terrasse qui plus est, au BISTROT DE LA PLACE. Le restaurant propose une cuisine de brasserie de qualité, à base de produits frais et locaux transformés sur place, où on a eu le plaisir de dîner pour environ 30 €/personne (entrée du jour, volaille AOP Maine-Anjou pour Lui et anguille en persillade pour moi, bouteille d’eau et ½ de vin AOC Saumur).

Le château de Chenonceau : le château des Dames

On a hésité entre la visite de Chambord et celle de Chenonceau. La chaleur, que la présence d’eau à Azay-le-Rideau la veille avait rendue supportable, nous a fait préférer CHENONCEAU.
Le surnom de château des Dames n’est pas usurpé (attention, topo historique à venir, âmes réfractaires à la matière s’abstenir) : on doit sa construction au XVIe siècle, sur les ruines d’un château médiéval, à Katerine Briçonnet, sa rénovation, son embellissement et la construction de son célèbre pont sur le Cher à Diane de Poitiers, favorite d’Henri II, son agrandissement à Catherine de Medicis, veuve d’Henri II (qui s’est fait un plaisir de déposséder du château la favorite de feu son mari et je la comprends), transformé en château marqué de la couleur du deuil par Louise de Lorraine, veuve de Henri III, avant d’être ramené à la vie et protégé des affres de la révolution française par Louise Dupin, restauré à la mode du XVIe siècle par Marguerite Pelouze puis, aménagé pendant la première Guerre Mondiale en hôpital militaire par Simone Menier, le tout avant de redevenir un joyau du XVIe siècle richement décoré, comptant parmi les châteaux de la Loire les plus visités.

le chateau de chenonceau dans le val de loire

Depuis la billetterie, rien ne laisse présager de ce qui nous attend une fois les grilles franchies. A droite, on accède au château par le parc aux ânes et le potager aux fleurs. A gauche, une allée rectiligne plantée de hauts arbres mène tout droit à l’avant-cour du château où trône la tour des Marques (seul vestige du château fort rasé par Katherine Biçonnet et son mari, qui est en réalité l’ancien donjon remanié dans le goût renaissance).

chenonceaux

Au rez-de-chaussée, on retiendra 3 pièces : la chapelle et ses vitraux du XXe (les vitraux originaux ayant été détruits lors des bombardements de la seconde Guerre Mondiale), le cabinet vert depuis lequel Catherine de Médicis a assuré la régence à la mort de son mari, et la galerie emblématique du château qui enjambe le Cher. Parlons-en de la galerie, à commencer par ses mensurations : 60 mètres de long, 6 de large, le tout éclairé de 18 fenêtres. On la doit à Catherine de Médicis qui dû trouver au moins deux motivations à sa réalisation. La première : renouer avec la tradition des galeries italiennes renaissance qu’on peut encore admirer aujourd’hui à Florence , berceau de sa famille. La seconde : prendre l’ascendant sur la voluptueuse favorite de son défunt époux, Diane de Poitiers, à qui on doit la réalisation du pont sur lequel est édifiée la galerie, et pourquoi pas tenter de minimiser son empreinte sur ce château, devenu demeure royale.

Cette galerie, à laquelle on accède par un petit passage depuis la chambre de Diane de Poitiers, permet d’accéder au Sud, à la rive gauche du Cher. Là encore, je ne résiste pas à livrer une petite anecdote historique (Stéphane Bern sort de ce corps !!) : durant la seconde Guerre Mondiale, le Cher matérialisait la ligne de démarcation entre la zone occupée (rive droite du Cher) et la zone libre (rive gauche) et c’est tout naturellement que la galerie du château est devenue un point de passage privilégié par les résistants et les civils fuyant l’occupant. Pas dupes, les nazis avaient d’ailleurs positionné une batterie d’infanterie à proximité du château, prête à tout moment à détruire l’édifice.

le chateau de chenonceaux sur les bords de loire

A la manière des résistants, nous avons, nous aussi, rejoint la fameuse rive gauche, incontestablement plus sauvage mais offrant de beaux points de vue sur le château… et de mémorables rencontres avec la faune locale. Que je me fasse dévorer par un « animal » en pleine campagne toscane passe encore (Cf. road trip toscane), mais que je croise la route du seul moustique tigre de la région sur les berges du Cher en pleine visite de Chenonceau et que subitement ma main double de volume, relève de l’exploit. Plus de peur que de mal au final mais la certitude que les animaux et moi, c’est une histoire d’amour à sens unique.
De retour entre quatre murs avec ma main endolorie, on descend d’un niveau pour rejoindre l’office et les cuisines du château où on découvre une curiosité : un ancêtre de monte-charge qui permettait de décharger à l’abri des regards les denrées alimentaires livrées par bateaux à fond plat depuis le Cher.

Puis on s’engouffre dans le remarquable escalier droit (appelé aussi rampe sur rampe) qui mène au premier étage. En soi, il ne présente que peu d’intérêt esthétiquement parlant, mais il faut savoir qu’il s’agit d’un des premiers escaliers de ce type construit en France.

On traverse rapidement les chambres de Catherine de Médicis, de Gabrielle d’Estrée (favorite de Henri IV qui rêvait de posséder Chenonceau sans y parvenir) et de César de Vendôme (le fils qu’elle a eu avec le Roi) pour rejoindre le deuxième étage où on découvre une pièce étonnante : la chambre de Louise de Lorraine. A la mort de son mari, le roi Henri III, Louise se retire au château de Chenonceau et fait tendre sa chambre de noir. Des motifs de larmes d’argent et de pelles de fossoyeurs côtoient des tableaux de scènes religieuses et prie-Dieu et on a vite fait d’imaginer l’inconsolable Louise, surnommée la reine blanche (le blanc étant à l’époque la couleur du deuil royal), hanter la pièce de son vivant.

Pour nous remettre de cette plongée en atmosphère funèbre sur laquelle s’achève la visite du château : direction les jardins de la rive droite du Cher. Là encore, Catherine et Diane semblent s’affronter, chacune ayant son jardin de part et d’autre de la tour des Marques, chacune dans un style différent, on s’en serait douté. Celui de Diane en impose par sa taille (12 000 m²) mais celui de Catherine, plus modeste, étonne par sa finesse et la vue qu’il offre sur la façade Ouest du château.

chenonceaux dans le val de loire

Abandonnant l’idée de départager ces dames (le fallait-il seulement ?), nous nous sommes résolus à nous engouffrer pour la seconde fois dans l’allée d’honneur, sans nous retourner sur Chenonceau, ses jardins et ses moustiques tigres : le weekend était bel et bien fini et le voyage du retour se ferait au son du tintement des bouteilles de vin dans le coffre de la voiture, de belles images plein la tête.

A PROPOS DE L’AUTEUR : ELLE


Je dis souvent que je me sens comme une polonaise en France et une française en Pologne. C’est sans doute ça et Lui qui font que j’aime autant changer d’air.
La petite trentaine, je suis la compagne de voyage ennuyeuse : je ne suis pas une grande sportive, en particulier quand il s’agit de crapahuter en milieu naturel loin de toute trace de civilisation, j’aime faire des musées mais à condition de prendre le temps de lire le moindre petit écriteau explicatif, je me régale de petites anecdotes historiques et je n’ai ni sens de l’orientation, ni de l’humour.

Enfin, il y a un célèbre proverbe polonais qui dit en anglais « A hungry Pole is an angry Pole ». C’est pas Lui qui le contredira !